le Père Renard 92 ans.. 22 ans de bénévolat à la Pacifique

  Camille RENARD (dit le père Renard) est le plus anciens des bénévoles qui œuvrent à la Pacifique malgré ses 92 ans, oui vous avez bien lu. Et puis 22 ans d’engagement çà marque et çà se remarque. A la Pacifique Camille apporte toujours ses compétences, son rire lumineux, ses réflexions. Son bénévolat est inséparable de celui du Père BRETAUDEAU. L’article qui suit est tiré du livre qu’il vient d’écrire et qui est l’histoire de sa vie et de ses engagements. Nous en reparlerons.

1990. Ayant participé à quelques activités avec la Fraternité des malades, j’ai fait la connaissance d’ l’Abbé Bretaudeau, aumônier à l’hôpital Georges Mazurelle à La Roche sur Yon , et directeur d’un petit centre de vacances d’une cinquantaine de lits pour recevoir des personnes en grandes difficultés sanitaires et sociales.

 L’Abbé Bretaudeau, un fils de paysan qui n’a jamais eu peur de mettre les mains dans la merde. Un prêtre qui a consacré son sacerdoce aux bannis de la terre, ce qui lui vaut bien la particule de « père ».

 Je suis allé au logis la Pacifique pour me reposer. Si l’équipement était rudimentaire, l’accueil qui m’a été fait (exemplaire) et le prix à payer m’ont incité à offrir mes services en qualité de bénévole, apte à réaliser des travaux de maintenance, d’amélioration dans le bâtiment ou l’espace vert.

 Le Père Bretaudeau est un homme solide qui manie les outils avec dextérité. Nous formions « un joli couple », la confiance régnait entre nous. Après avoir décidé en commun, il me laissa le champ libre pour la mise en œuvre des travaux et le choix des matériaux.

 Premier objectif : réaliser une plateforme pour installer une guitoune dans le pignon du bâtiment A. Pour ce faire, niveler le sable sur l’emplacement des anciennes latrines, recouvrir le sable avec des dalles de ciment éparpillées dans la cour. Pour stabiliser et délimiter l’ouvrage, il convenait de placer des matériaux solides à la verticale, des cloisons en ciment provenant de la démolition d’un clapier firent l’affaire. Il convenait de façonner la plateforme en tenant compte de la dénivellation du terrain pour faire évacuer l’eau de pluie et la recouvrir d’un mortier de ciment agglutiné dans un vieux grillage à lapins.

          Pendant vingt ans je suis intervenu, pour le temps des vacances, dans les bâtiments et l’espace vert. Sans mérite particulier, ayant entre autre pour profession ouvrier agricole et manœuvre maçon.

 Activité et compétence acquises au logis la Pacifique : l’entretien des vélos ; joyaux des enfants, et utilisés par les parents pour se déplacer, faire les courses, attendu que la majorité des résidents n’avaient pas de moyen de locomotion.

 Etre bénévole au logis la Pacifique valait école de psychologie appliquée au contact d’une multitude de personnes venues respirer l’air du large pour se relaxer et parfois se confier à des tiers, loin de leur domicile, en espérant un peu de réconfort et quelques fois dans l’attente d’un peu de nourriture auquel le Père Bretaudeau pourvoyait dans la discrétion.

 Autre temps fort avec le Père Bretaudeau, nous avions en commun l’art de ravauder tout azimut bâtiment, mobilier, espaces extérieurs, avec des matériaux hétéroclites de récupération. C’est ainsi qu’avec de vieux sommiers métalliques mis bout à bout nous avions stabilisé le sol sableux du sentier qui fait le tour de la cour. Sentier utilisé par les enfants enthousiasmés comme piste cyclable, un temps mémorable pour les enfants en vacances au logis la Pacifique.

         J’ai bénéficié d’une longue vie active et passionnée par le travail multiforme, en portant au premier rang les techniques modernes pour stimuler la production des biens de consommation et lutter contre l’exploitation de l’homme par l’homme, enthousiasmé par la diversité de la topographie des territoires explorés pendant les vacances et le travail, aller à la découverte des modes de vie, de travail, de loisirs de populations aux mœurs divergentes des nôtres.

Vivre le temps des vacances en toute liberté, nouer des relations amicales et culturelles avec des populations étrangères.

 Partir en vacances, voguer sur la mer et survoler les océans, les continents. S’approcher des étoiles pour le temps des vacances en toute sérénité. Il est permis de rêver pour atterrir au logis la Pacifique ou comme dans tout l’univers. Bâtiments, équipements, encadrement, on s’active avec confiance et détermination, l’esprit pionnier, pour accueillir les nouveaux venus, au labeur bénévole, pour offrir aux laissés pour compte des vacances qui feront date dans leur vie.