La Pacifique en mer

 

     A la Pacifique,  vacanciers et bénévoles ont entonné des chants marins, lors de l’une de leurs soirées conviviales « Ohé, ohé, matelots … il était un petit un navire... ». Côté mer, chaque  semaine ou presque de juillet et d’août,  les nouveaux arrivants entendaient la proposition d'une navigation  sur un voilier, aux Sables d’Olonne. C’était à bord de Kappa, sur lequel flotte le pavillon Cap Vrai,  cette autre association, offrant aussi gratuitement des sorties en mer, de la Trinité sur Mer à la Rochelle.  Là,  c’était de la navigation côtière par delà les bouées du Nouch  aux Sables d’Olonne. 

Chaque fois un équipage, jusqu’à 5 personnes en plus du skipper, car  il ne s’agissait pas seulement d'être passager, mais aussi équipier à la manœuvre. Chacun pouvait, s’il le souhaitait, prendre la barre, hisser les voiles,  contribuer au virement de bord quand le vent le demandait.

De retour au port, sur le bateau bien amarré,  c’était le temps du pique-nique et de la parole partagée,  ce que les marins appelleraient un débriefing.  Une parole en liberté,  stimulée par cette convialité du temps vécu en mer, où l’on est  « tous dans le même bateau »,  et où se crée le sentiment d’un destin commun pour le temps de l’embarquement.  Parole  où l’on ose dire quelque chose de nos appartenances dans  la richesse de nos différences.  Ce jour-là par exemple,  de trois équipiers l’un se dit musulman,  une autre  de religion chrétienne, une troisième  sans aucune conviction religieuse.

Une autre fois, en période de ramadan,  une maman  avait eu la délicatesse de préparer un pique-nique pour le skipper bénévole,  tout en s’abstenant elle-même  de manger,  dans la stricte observance de  la religion musulmane.

 Pas  de prosélytisme. Simplement un accueil bienveillant de la différence, comme on le vit dans l’association coexister.com dont on a parlé à bord.  Un  riche « mélange des milieux et cultures » comme l’ont souligné les scouts, eux aussi bénévoles à la Pacifique. Ou encore : « un microcosme de partage et d’entraide animée par  des bénévoles investis et aguerris, ainsi que par les vacanciers eux-mêmes". Certains, en situation de précarité, venaient à la mer pour la première fois.  Lors de l’inauguration du bâtiment « Pierre Huvelin, »   le P. Michel  Fournier disait justement que la Pacifique demeure le « symbole de l’amour désintéressé d’autrui à  travers le dévouement de multiples bénévoles. » 

Claude Babarit.