SE RENCONTRER DIFFERENTS

 


Chaque été à la Tranche/mer, La PACIFIQUE, cette ancienne colonie reçoit des vacanciers de toutes origines. Une équipe de bénévoles veille à la qualité de l’accueil comme à la rencontre entre les cultures. Le plus souvent des familles, parfois musulmanes qui peuvent y vivre le Ramadan quand c’est le moment. Chacun son studio ou son appartement, mais aussi des soirées festives ensemble, enfants, jeunes et adultes où partager quelque chose de son savoir-faire culinaire et de sa tradition culturelle. La mer n’est pas loin et la plage. On peut aussi prendre le bus pour rejoindre un port pour des sorties en mer à la voile et gratuitement. Aux Sables d’Olonne à une vingtaine de kilomètres.  Parmi d’autres consonnances européennes, le cahier de bord d’un bateau habitable, garde les noms des personnes embarquées, pour une grande première la plupart du temps. Ils pourront dire : « j’y étais. »

- en juin-juillet 2017, Kassas, Jehed, Heber, Carole,  Guilaobys, Broc, mais aussi Anis, ibrahim, Sonir, Louissa, Dylan, Yassmine, Elisa, Etham, Emveur,  ainsi que  Kheira, Sabrina, Najoua, Hamed  et Jeremie.

-en Août 2017 Melaisa, John, Corinne, Laetitia, mais aussi Abdallah, Adib, Chloé, Noémie, Océane, ainsi que Larbi, Lakhdar, Deniz, Mohamed, Caner et Esmeralda, Emma, Dalila, Marie-Louise, Caroline.

-en Mai et juillet 2018 Jessica, Sefon, Nicolas, Najoua, Hassana, Prescillia, Nadège  et  Ayyada, Luka, Arsen, Anna, mais aussi Titouan, Corinne et Quentin, ainsi que Elise, Marthe, Florence et Germain.

-en  Août 2018, Farid, William, Madys et Pierre,  Kimberley, Mando, Tiphaine, Etienne, ainsi que Ibrahim, Jean-Benoît, Jean, Francis et aussi Christopher, Marielle, Claire, Sylvie et Anne, Lola, Yves et Sylvie.

Un voilier Kelt 9 mètres, familier de ce proche océan, entre la Charente et la Bretagne Sud. Chaque fois  les consignes de sécurité, gilet de sauvetage obligatoire pour les mineurs, mais aussi la possibilité de faire fonction d’équipier en participant aux manœuvres.  Appréhension souvent avant de quitter Port Olona. Parfois le mal de mer dès la sortie du chenal, sous l’effet de la houle. Les équipiers d’un jour sont invités à hisser la grand’voile, le génois, tourner une manivelle. Chacun se cale car le bateau prend de la gite. C’est normal. Silence de la mer et chuintement du vent dans les voiles. Le regard s’élargit à l’horizon marin au-delà de la grande plage et des bouées du chenal de navigation.

De retour au ponton. Depuis le cockpit débriefing. Le sentiment d’avoir fait équipage a créé du lien. A bord quand il s’agissait d’engager une manœuvre comme un virement de bord, on ne s’embarrassait pas de formules de politesse. A présent chacun peut risquer une parole, libérer une émotion, raccrocher ce vécu à celui de l’année dans une banlieue loin de la mer. Oser une parole insérant ce moment dans son histoire personnelle : « moi je suis catho, moi je suis musulmane » (cette jeune fille avait pris la barre en gardant le foulard), cette autre, « après mes études j’irai en Inde pour connaître le bouddhisme zen », cette autre encore : « moi, je ne sais pas si je crois en quelque chose ». Le fait d’être tous dans le même bateau, de décompresser une fois arriver au port, voilà qui libère la parole.  On en aura des choses à raconter en rentrant à La Tranche le soir même. On regardera la mer autrement en allant à la plage. On sera plus capable d’entendre la petite musique de l’autre, tellement différente de la sienne propre.

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