Du temps de ma grand-mère.

Jean Louis et Rose nouveaux accueillants pour la semaine.

                           Du temps de ma grand-mère.

                          (Ou le témoignage d’un couple à l’accueil de la Pacifique)

A une époque où ma grand-mère vivait encore, pendant mes études, puis au tout début de ma carrière professionnelle, je suis devenu moniteur de colonie de vacances tout d’abord à Saint Jean de Monts, ensuite à Saint Lary et pour finir, j’ai passé 5 saisons non consécutives à la Pacifique entre 1973 et 1979.

Dans cette autre vie, à l’époque des cheveux longs et des idées pas forcément courtes, j’ai pris beaucoup de plaisir, année après année à me retrouver ici, avec un groupe de monos qui ne changeait pas beaucoup d’une année sur l’autre.

Par charité chrétienne, nous tairons toutes les bêtises toujours empreintes de bonne humeur qu’ont dû endurer certaines collègues (qu’elles nous le pardonnent, mais je crois savoir que c’est déjà fait) et qui ont scellé l’unité de notre équipe.

Personne n’a oublié le 5ème repas (Ah les crêpes de Mamie Xavièrine avec trois épaisseurs de confiture, de beurre et de sucre) que nous prenions une fois les enfants couchés … mais pas toujours endormis mais également les vagues qui nous fouettaient le dos alors que nous tenions le périmètre dans une eau parfois glacée, les grands jeux dans la forêt, les marches jusqu’aux Conches et des retours à la colo avec parfois des équipes incomplètes. Nous avons toujours fini par retrouver ceux qui s’étaient trop bien cachés, à moins qu’ils ne fussent déjà arrivés avant nous. Certains n’avaient pas besoin de boussole comme on les utilise aujourd’hui pour les courses d’orientation pour revenir à la case départ.

C’était le bon temps, le temps de ma grand-mère avec Alain, Marie-Françoise, Nadette, Laurent, Jean-Yves, Michel, Hélène, Jojo, Marie-Aline, Gilbert, Mauricette, Nelly, Jean-Claude, Thierry, Marie-Claude , Myriam … On ne va pas y passer toute la litanie des saints car nous n’en étions pas … sauf l’abbé Pierre Huvelin et sœur Marie-Henriette qu’on a dû un peu faire souffrir mais qui ne nous l’ont jamais montré, le bon sens, la bonne humeur, et les jeux de mots l’emportant largement sur ce qui aurait pu devenir source de morosité et de conflit.

Avec la fin des colos en 1979, une page s’est tournée et les 35 suivantes sont restées vierges.

Aujourd’hui, la mamie, c’est Rose, le papy c’est moi et d’un seul coup d’un seul, nous rajeunissons de 35 ans nous retrouvant dans le même cadre amélioré, avec d’autres personnes. Nous venons de passer une semaine avec notamment des Arméniens, des Géorgiens, des Mauriciens, des Congolais, des Kabyles … qui par leur culture, leurs paroles, ou leurs sourires, nous mettent de bonne humeur au lever du jour.

Alors, le matin, c’est bonjour, barev, garmadjoba, namasté, mboté ou azul et c’est parti pour une journée toujours bien remplie.

A tous ceux qui font partie de la litanie ci-dessus, à tous ceux que j’ai oubliés, à ceux qui tomberaient sur ces lignes par le plus pur des hasards, n’hésitez pas à venir nous rejoindre l’heure de la retraite sonnée.

Une semaine pour s’oublier et aller vers l’autre. Une semaine pour oublier ses pépins et vivre des moments particuliers à essayer de rendre heureux les gens autour de soi.

C’est la meilleure des thérapies (excusez-moi docteur)

Que du bonheur !                                                                       Jean-Louis Heulin